Les deux premières réunions ont concerné le
thème "Image de l’Entreprise". Alain Garnier nous a parlé du
Web
2.0 et de l’Entreprise : il est ce que l’on appelle un "serial
entrepreneur", a créé plusieurs sociétés dans le domaine
du traitement de l’information, et du Web 2.0 en particulier
et conseille également de jeunes entrepreneurs.
Le Web 2.0, est un Internet dans lequel "tout
le monde" écrit
des textes, dépose ses photos et images, immédiatement
rendues disponibles à "tout le monde" par la magie de
la Toile. Les conséquences pour la communication et l’image
de l’entreprise sont évidemment immenses : des centaines de milliers de personnes
peuvent débattre publiquement
des produits ou services d’une entreprise, qui ellemême
peut tenter d’intervenir dans ce débat. Ceci a
bien sûr donné naissance à des applications informatiques
pour écouter cette foule, voire l’influencer.
Puis, le groupe TISC a tenu, en commun
avec le groupe "Intelligence économique", les deux séances
suivantes :
- Laurent Gaildraud, enseignant dans des écoles
de
commerce et consultant en intelligence économique
nous a parlé de la Rumeur. Son exposé a apporté un regard scientifique sur un
domaine habituellement
considéré comme émotionnel ou subjectif, et relativement
peu étudié dans les publications internationales. Des
exemples célèbres de rumeurs ont été décortiqués, et
quelques « lois » sur la formation, la propagation et la disparition des rumeurs
ont été énoncées, allant souvent à l’encontre des idées reçues. Nous avons ainsi
appris
que les milieux les plus favorables à la propagation
d’une rumeur sont les plus éduqués, pas forcément
clients du Café du Commerce.
- Louis Pouzin
a éclairé pour nous la gouvernance
d’Internet. Il est considéré comme le "père" des
réseaux d’ordinateurs en France et est l’inventeur du
datagramme, précurseur de la communication par
paquets, qui est à la base de tous les réseaux modernes et de Internet en particulier.
Avec son humour et son
talent de dessinateur, il nous a expliqué comment sont
organisés -ou inorganisés- le fonctionnement et
l’administration des circuits entre machines qui permettent à tous les paquets
d’information d’atteindre leur destinataire. Sous une apparence de sympathique
anarchie, plusieurs
points cruciaux restent entre les mains du gouvernement
américain, en particulier l’initiative d’attribuer des "noms de
domaines", ce qui a également des conséquences sonnantes
et trébuchantes.
Olivier Gapenne, maître de conférences
HDR à l’Université technologique de Compiègne nous a fait
découvrir une théorie scientifique naissante :
l’Enaction. Il est difficile de résumer en quelques lignes
l’énaction, d’où sa faible et lente pénétration dans les milieux scientifiques,
et la ténacité des chercheurs qui
s’y intéressent. Elle est présentée parfois comme une "théorie de la vie" et
parle de "l’inscription corporelle
de l’esprit". Plus concrètement, elle s’incarne dans des premiers dispositifs
opératoires qui permettent à des
aveugles d’être conscients de leur environnement à travers
des expériences de transposition de signaux captés –par
une caméra par exemple- dans des zones sensibles du corps, comme la peau ou la
langue. La clef de la
démonstration de l’énaction est que, dans certaines conditions, un nouveau sens
de la vision se construit
en quelques heures si le sujet a l’initiative de l’orientation
de la caméra qui en retour l’excite. C’est la boucle perceptionaction, qui se
passe de tout dispositif de représentation
symbolique dans l’artefact de couplage. De nombreuses
applications sont espérées en robotique.
Sujets de l’année 2009 : Le génie des
pyramides :
système constructif des grandes pyramides par Pierre Crozat, architecte-urbaniste,
Ecole des Mines de Nancy. - Visual thinking and Radical Bricolage, par James
Clayson, professeur de mathématiques et
informatique, Université américaine de Paris. Un chercheur artificiel
en intelligence
artificielle, par Jacques Pitrat,
ingénieur général de l'Armement (2s) ; chercheur au LIP6
de l'Université Pierre et Marie Curie ; ancien directeur de recherche au CNRS.
Designers : les concepteurs de
demain prendront-ils le pouvoir aux ingénieurs
dans l'ère post-industrielle ? par Dominique
Sciamma, directeur du département design de systèmes et produits interactifs,
Strate Collège Designers. |