|
par Jean-Louis Nicolet, expert honoraire en
maîtrise
du risque et facteur humain près la Cour
d'appel de Versailles
François Guéry, Pr émérite de philosophie
de l’Université Lyon 3, a centré son exposé autour de la
question suivante :
Risque et complexité, sens fort initial, faux sens
récents ? Il a, dans un premier temps, abordé les notions originelles de risque
et de complexité rencontrées
lors des premières expéditions maritimes, puis de risque, au sens d'Ulrich Beck
et d'imprédictibilité de la
réussite d’une mission, notions qui ont conduit à la première entreprise de couverture
assurantielle. Il en a résulté une ère de calculabilité portant sur les probabilités
et
une scénarisation, nommée aussi "sécurisation", par les penseurs de la technique.
Ce sont les lacunes de
cette rationalisation qui ont mené à la pensée actuelle
de la "complexité".
Martin Roulleaux-Dugage, alors directeur "Knowledge
Management" de Pricewaterhouse nous a rappelé que dans
une économie en croissance contrôlée et linéaire le concept
de planification stratégique avait un sens et que les
décisions prises par les comités de direction étaient exécutées
par la hiérarchie, dans un mouvement de haut en bas. Il
n’en est plus de même dans une économie mondialisée
complexe où l’information est disponible au même instant
partout sur la planète. Dans ce nouveau contexte, pour être
en mesure de s’adapter constamment aux situations
complexes, il est impératif de concevoir des organisations
capables de réagir intelligemment à toutes sortes d’imprévus et ce tout en gardant
un cap.
Michel Barès, professeur associé à l’Université Laval
au
Québec, nous a expliqué que la maîtrise des risques passait
par la maîtrise des savoirs, ce qui impliquait de se doter
d’un ensemble cohérent de moyens pour représenter la connaissance la plus utile
dans le contexte de l’action, de recourir en tant que de besoin aux formalisations
adéquates,
de rechercher des voies de modélisation pour appréhender
la complexité informationnelle. En s’interrogeant sur la signification profonde
de la notion d’efficience attachée à l’action, Michel Barès propose de partitionner
l’univers en
adéquation avec les finalités des actions projetées, établir une typologie des
connaissances utiles à l’action,
examiner l’incidence que peut avoir la "qualité" de l’information sur la conduite
de l’action, maîtriser la connaissance
imparfaite, en recherchant les modélisations les plus
adaptées aux situations dans lesquelles leur maîtrise peut avoir une incidence
positive sur l’action efficace,
situer la notion d’information pertinente par rapport à l’efficience de l’action.
Georges Lepicard, directeur honoraire
de la recherche et
du développement, Groupe Bull, nous a montré que
les systèmes complexes présents dans les sciences économiques, la biologie, la
sociologie, l'urbanisme,
relèvent de la théorie du chaos et possèdent des propriétés communes de holisme,
de capacité d'émergence,
nouveau paradigme pour progresser dans la compréhension
et la prévision du comportement de ces systèmes.
Sujets de l'année 2009 : Proposition
de réflexion sur
les risques dans les systèmes sociotechniques complexes par Jacques
Valancogne,
cadre de direction
honoraire à la RATP. Crise économique, finance responsable et croissance
durable par Jacques
Ninet, directeur de la recherche, Groupe Union
Française de Gestion ; membre du directoire, UFGSarasin. Les risques
dans les
tunnels ferroviaires et
l'incidence du ferroutage par Michel Quatre, président de la commission
nationale
d'évaluation de la sécurité des
ouvrages routiers.
Herbert Geschwind, professeur associé et
ancien chef
du département d’Ethique médicale, Université de
Paris XII, abordera le thème de l'éthique et du risque.
Un accord est intervenu avec les Editions
l’Harmattan
pour la publication d'un ouvrage sur le thème "Risques
et complexité". |