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La neuroscience
peut-elle cerner la conscience et les inconscients ?
C'est le thème de
l'intervention à l'Institut, le 20 septembre, du
professeur Pierre Buser de l'Académie des Sciences
: ce neurologiste fondamental souligne qu'après
une approche behavioriste qui préconisait d'étudier
les comportements en ignorant la référence
mentale, celle-ci est désormais prise en compte.
Depuis deux décennies,
on s'intéresse à la conscience regardée
comme l'aperception d'une classe d'événements
cérébraux.
Elle exige la vigilance dont
les systèmes connexionnistes simulent les deux aspects
(pré-attention rapide à large bande, focalisation
avec une exploration lente).
Elle ne peut être localisée
même si l'imagerie médicale montre les sites
du cerveau directement concernés lors de ses différentes
activités.
Enfin le phénomène
de conscience ne saurait être considéré comme
propre à l'homme puisque certains singes ont une
conscience réflective, comprennent des symboles
et semblent prêter des intentions aux autres.
Animal et machine:
les poissons ressentent-ils la douleur ?
Par Georges Chapouthier, directeur
de recherche au CNRS.
C'est un scientifique (Rose,
1999-2000) qui l'affirme : les poissons ne ressentent pas
la douleur, et l'argument a été évidemment
repris par les sociétés de pêche. Il
repose sur le fait que, contrairement aux vertébrés à sang
chaud que nous sommes, les poissons ne possèdent
pas cette partie du cerveau qu'on appelle le " néocortex ".
Comme le néocortex est le siège principal
de la conscience chez l'homme, les poissons sont considérés
comme inconscients.
Implicitement ils sont donc
peu ou prou comme des machines et nous voici revenus un
instant à l'époque où Descartes et
Malebranche affirmaient que les animaux étaient
des automates !
Or l'argument du néocortex
est très incomplet.
Quel scientifique peut affirmer
que le " cortex ancien ", qui est celui des poissons
n'aboutit pas à une sorte de conscience, différente
de la nôtre ?
Et ce particulièrement
dans un cerveau où les fonctions de ce cortex ancien
n'ont pas été remplacées par celles
du néocortex.
Quel scientifique peut, à propos
de la conscience, défendre autre chose que son apparition
par paliers au cours de l'évolution des espèces
?
Qui peut encore défendre
ce cartésianisme qui voudrait séparer radicalement
l'homme de ces ancêtres animaux?
Vouloir étayer la
morale par des arguments scientifiques peut être
fructueux. Encore faut-il que ces arguments ne soient pas
présentés de façon dangereusement
simpliste. |