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Archives de la Lettre de l'Institut
Sommaire n°1 octobre 2001
 Editorial  Cerveaux et machines
 Complexité et sécurité  Technologie pour l'informatique
 L'informatique vue par l'entreprise  Ethique et technique
 
Ethique et technique
 

Terreur et émerveillement

Par Jean Michaud (Conseiller-Doyen Honoraire de la Cour de Cassation).

La science parcourt son chemin à vive allure. On assiste même dans la dernière partie du XXème siècle à une spectaculaire accélération. La constatation peut en être faite en maints domaines.

La biologie en donne sans doute la meilleure illustration.

Citons : l'assistance médicale à la procréation qui permet de créer de la vie humaine en laboratoire ; les diagnostics préimplantatoire et prénatal grâce auxquels on peut déceler des affections avant même que l'être qu'elles atteignent ne vienne au monde, avant même qu'il soit davantage que quelques cellules ; la génétique qui décrypte quelques uns des mystères de l'homme pour en tirer d'immenses conséquences.

Ce ne sont là que des exemples . Ils contribuent à fortifier la confiance en la science, en sa mission qui doit tendre à l'amélioration de la condition humaine.

On s'émerveille ! Mais la médaille a son revers. La maîtrise de la procréation peut conduire au clonage, les nouveaux diagnostics à la prédétermination de l'homme; la génétique à l'eugénisme.

On s'inquiète! C'est de ces deux pôles contradictoires que la société doit prendre conscience en menant une réflexion éthique.

Elle doit apprendre à distinguer ce qui la sert de ce qui la menace, à discerner les bienfaits des périls.
Entre les espoirs irraisonnés et les terreurs chimériques, il y a une mesure à trouver.

C'est un défi majeur auquel se trouve confronté l'homme du XXIème siècle.

Vieillissement et société

Par le Dr L.ROBERT (Laboratoire de recherche ophtalmologique, Hôtel-Dieu, Paris).

L'espérance de vie a fortement augmenté au cours du XXe siècle, en particulier à la suite des progrès de la médecine préventive, à l'hygiène alimentaire, sans que l'on puisse invoquer un changement quelconque du génome humain, ce qui enlève un argument définitif aux déterministes qui lui attribuent le contrôle total de la durée de la vie.

Des conformations génétiques particulières peuvent par contre favoriser des maladies qui l'abrègent. L'espérance de vie sans handicap a également augmenté mais nettement moins vite.

La recherche sur les mécanismes du vieilissement n'avance qu'aux USA, l'investissement dans ce domaine est encore très faible en Europe.

Avec l'augmentation importante de la population âgée (plus de 65 ans) ont augmenté aussi les problèmes de prise en charge des maladies liées à l'âge : maladies ostéo-articulaires, cardio-vasculaires et démences, pour ne mentionner que les plus importantes.

J'ajoute à ces problèmes celui des retraites qui va devenir difficilement gérable dans quelques décennies à cause de la baisse de la fertilité partout dans le monde.

Le seul remède serait à mon avis un investissement très fort dans la recherche fondamentale et clinique sur les mécanismes et les maladies liées à l'âge. Et ce d'autant plus que le contrôle du tabagisme, de l'embonpoint, du diabète de l'adulte (bientôt 5% de la population) ainsi que de certains cancers et des démences liées à l'âge présenteront encore une sérieuse limite à la durée de vie sans handicap et une surcharge considérable pour le budget de l'état et des ménages.