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ALBERT DUCROCQ
Par Raymond MOCH, conseiller scientifique, Institut F.
R. Bull; s/directeur honoraire au Collège de France.
La mort soudaine d'Albert Ducrocq a peiné tous
ses amis. Le 23 octobre dernier, il s'est effondré sur sa machine
de traitement de texte: vraie mort d'un journaliste...
Depuis longtemps, Albert Ducrocq était connu du grand public, qu'il
faisait participer à l'épopée de "l'Espace" à travers
ses chroniques du "Figaro" et de l'audiovisuel.
Il savait expliquer sans détour et faire comprendre sans céder à la
facilité les problèmes les plus compliqués d'astronautique,
et décrire sans les rendre incompréhensibles les dispositifs
les plus élaborés des techniques de pointe.
Auteur d'une trentaine d'ouvrages de vulgarisation, dont beaucoup connurent
un grand succès, il a "couvert" avec rigueur et mesure toutes
les étapes importantes de l'évolution contemporaine de la technique,
des robots à l'Espace, des armes secrètes à l'atome, en
passant par "Les mémoires d'une comète", mais sans
négliger pour autant tout le reste de l'Univers.
Chantre de la cybernétique, qu'il est un des rares physiciens à avoir
envisagé globalement, il s'est efforcé de l'étendre à la
biologie. Ses renards électroniques, contemporains des tortues de Grey
Walter, ont laissé un souvenir inoubliable à ceux qui les ont
vus évoluer, vers 1950, dans les salons d'apparat du rectorat de l'Académie
de Paris.
Homme de précision, mais aussi de synthèse, Albert Ducrocq a
partagé très tôt les préoccupations de notre Institut,
dont il était devenu le président six mois à peine avant
sa disparition, succédant à des hommes comme Raymond Aron ou
Louis Leprince-Ringuet.
Sa mort prématurée laisse un grand vide dans notre Association,
et une grande tristesse dans le cœur de ceux qui l'ont connu.

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