| Compétences
précoces et développement : qu'est-ce que le monde pour le bébé ?
Par
Henriette BLOCH, directeur honoraire à l'Ecole
pratique des hautes études.
Le nouveau-né humain a, dès
son entrée dans le monde, des capacités de relation au
monde extérieur plus nombreuses et plus organisées qu'on
avait pu le supposer autrefois.
Ses systèmes sensoriels sont tous fonctionnels, en dépit des immaturités
qui les affectent à différents niveaux, et certains ont été exercés
dès la vie intra-utérine, comme la sensibilité cutanée
, la sensibilité vestibulaire, l'audition .
Sa motricité ne se réduit pas à une réactivité réflexe
: le bébé effectue aussi des mouvements locaux et lents - plier
les doigts, ouvrir la main, etc.
Il peut projeter son bras semi-tendu vers un objet bien visible dans son espace
frontal , sans toutefois pouvoir le saisir avant 4 mois.
Des réponses préformées, comme la réponse d'orientation
et des coordinations sensori-motrices, comme celles de l'oeil et de la tête,
qui s'établissent et évoluent rapidement, sont créatrices
d'ordre .
C'est la coordination de l'oeil et de la tête qui procure au bébé des
coordonnées stables de référence spatiale .
Toutefois, des " périodes critiques " délimitent , dans
le développement post-natal du système nerveux central et des conduites,
des moments où les influences externes s'exercent préférentiellement
et conditionnent le rythme de changement .
Des privations précoces peuvent ainsi avoir des effets néfastes à long
terme , comme l'a abondamment montré l'expérimentation animale
et les tentatives échouées d'éducation des quelques " enfants
sauvages " rapportées dans la littérature .

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