La bioéthique des greffes
Par Jacques HORS, secrétaire général
de France-Transplant.
Les lois Bioéthiques de 1994 représentent
une avancée considérable dans la clarification du rôle
de chaque acteur de la chaîne de solidarité aboutissant
au prélèvement permettant la greffe d'organe.
En déclaration solennelle ces lois affirment le respect de la dignité du
donneur, de tout ou partie de son corps, éléments et produits,
organes, tissus, cellules.
Trois principes intangibles hérités des règles de la transfusion
sanguine, sont énoncés pour les greffes d'organes : le respect
de la volonté du donneur, la gratuité de l'acte, la préservation
de l'anonymat du donneur et du receveur. Les notions de transparence de l'activité de
greffe, de sécurisation face aux dangers de transmission virale, enfin
d'équité dans l'accès aux greffons sont également
rappelés par le législateur.
Ces lois concernent tous les secteurs et circonstances fort diverses de l'activité de
greffe : situation de donneur personne décédée par mort
encéphalique, (95% des greffes d'organes en France (rein, cœur,
poumons, foie, pancréas)).
Le consentement du donneur est présumé, à condition qu'aucune
opposition ne soit exprimée soit sur le Registre National des refus consultable à tout
moment, soit par une preuve matérielle ou d'après le témoignage
de la famille qui doit être rencontrée et consultée en urgence
dans des circonstances toujours dramatiques.
Le don est possible aussi du vivant du donneur pour un rein ou une partie du
foie mais seulement dans le cadre familial au 1er degré.
Pour le don de moelle, frère, sœur peuvent donner ou un donneur
non apparenté choisi parmi des milliers de volontaires pour être
HLA identique au receveur.
La greffe de cellules embryonnaires est totalement prohibée en France
actuellement. Les lois Bioéthiques devraient être étudiées
en relecture en janvier 2002, évoluant probablement vers un élargissement
des catégories légales des donneurs.
