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Archives de la Lettre de l'Institut
Sommaire n°4 février 2003
 Editorial  Technologie pour l'informatique
 Cerveaux et machines  Risques et complexité
 Point de vue  Ethique et technique
 
Point de vue
 

La nouvelle économie "une réalité pour après-demain"

Par Bernard RASSENEUR, consultant ; ancien directeur informatique de groupes de BTP.

Au cours de la dernière décennie, on a abondamment disserté sur les bienfaits que la " nouvelle économie " apporterait au développement de l'économie mondiale.
Chaque citoyen pourrait, grâce au progrès technique, bénéficier du produit de la croissance, exprimer ses choix économiques et sociaux à travers les nouveaux moyens de communication.
Chaque entreprise qui aurait adhéré à la nouvelle économie se développerait et pourrait gérer ses affaires plus efficacement : " d'un simple clic ou presque !".
La déconvenue a été à l'échelle des espoirs suscités.
Aujourd'hui, c'est l'inverse : la mondialisation et le progrès technique sont décriés. On les charge de la responsabilité des nouveaux maux : décroissance, chômage, disparition des P.M.E …
Que penser de tout cela ? Quelle expérience tirer de cette situation ?

Lorsque la "vieille" économie aura, progressivement, absorbé la nouvelle (ou l'inverse dans quelques cas) et obtenu des gains de productivité, qui établiront de nouvelles relations entre les entreprises, leurs fournisseurs et leurs clients, la nouvelle économie sera alors seulement une réalité.
Un exemple typique est le secteur bancaire aux Etats-Unis. Les banques, dont les services ne sont disponibles qu'en ligne, ont vu leur activité baisser de 8% entre juillet 2000 et 2001 (1,1 million de visiteurs). Par contre l'activité en ligne des banques traditionnelles a plus que doublé sur la même période. Elle est devenue un service de base (13,4 millions de visiteurs).
Une économie apparaîtra moins exubérante, plus rationnelle dont le moteur sera la réelle innovation technologique, l'amélioration de la productivité accompagnée d'un service efficient (rapidité et qualité).
La déception de certains spéculateurs n'implique pas la fin de la Net économie ; au contraire elle présage du retour à la raison comme cela a été le cas dans le passé (crise de l'immobilier des années 90).
Si la nouvelle économie n'a pas eu le démarrage escompté, il y a des raisons de rentabilité des nouvelles applications mais aussi des causes techniques : complexité des divers outils, manque de fiabilité et de sécurité des systèmes, réseaux aux performances insuffisantes, manque de stabilité des matériels et des logiciels, mais aussi des coûts trop élevés (réseau UMTS)…
La Nouvelle Economie n'est pas la 3ème révolution industrielle, mais plus modestement le tout début d'une économie plus productive, induite par l'explosion et la standardisation des échanges.
Pour ces raisons, il n 'y a pas de nouvelle économie, seulement une perspective d'économie efficace, intégrée en réseau (ou Net économie), avec 2 tendances lourdes : amélioration de la productivité et accroissement des échanges.