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Comme indiqué dans
la lettre N°4, la publication de deux ouvrages de l'Institut
a été menée à bien et ces volumes, " La
médecine et la technique " et " Informatiser
la prise de décision ? " ont été présentés
dans les locaux des éditions L'Harmattan au printemps
dernier. Ces publications sont le résultat de la
contribution dynamique des invités de l'Institut
mais aussi de la persévérance des éditeurs
et de l'équipe permanente de l'Institut F. R. Bull
(IFRB).
Pour ceux qui n'auraient pas encore pris connaissance
de ces textes, indiquons que leur contenu reflète parfaitement
les objectifs de l'IFRB : décrire et analyser les
conséquences humaines, sociales et économiques
de la généralisation irrésistible
de techniques nouvelles innervées par l'informatique
(Raymond Moch). Comment l'introduction de ces techniques
modifie-t-elle les divers domaines de la vie, du professionnel
au personnel ?
Dans le cas des rapports entre médecine et technique,
les exemples des bouleversements apportés par les
nouvelles techniques sont particulièrement frappants.
Parmi les caractéristiques de la médecine
moderne, de grands changements sont survenus dans les domaines
des examens exploratoires et diagnostiques, et aussi bien
sûr dans la mise au point d'outils performants de
prévention (vaccins) et de traitement (médicaments).
Ces progrès ne peuvent cependant faire négliger " l'inévitable
clinique " (Pierre Gallois), qui apporte les premiers éléments
permettant d'optimiser et de comprendre l'utilisation et
les résultats des techniques ou des outils modernes.
L'ajustement de ces deux approches complémentaires
est le cœur du problème et a des répercussions
sur les diverses étapes : éducation, diagnostic,
traitement, rapports médecin-malade. La médecine
est-elle " envahie par la technologie " (Herbert
Geschwind) ? Ou bien doit-on penser que " l'humilité que
déclenche la perception d'une faible quantité de " vraies
connaissances " permet le retour à un esprit
critique, scientifique, autant dans les recherches psychanalytiques
que sur le terrain biologique, environnemental et social " (Pierre
Courbin) ?
Les conséquences de ces réflexions et de
ces discussions sont évidemment importantes, notamment
en ce qui concerne l'enseignement médical (Daniel
Laurent) et l'information du public (cf. les événements
récents causés par le Syndrome Respiratoire
Aigu Sévère ou la canicule).
Quant à l'ouvrage " Informatiser la prise de
décision ? ", il présente, sous ce titre
malicieusement interrogatif, plusieurs exemples de situations
dans lesquelles la technologie propose des outils nouveaux
d'interprétation, d'analyse, de simulation qui peuvent
aider à la prise de décision.
Cependant,
plusieurs considérations tempèrent
l'enthousiasme que pourraient susciter l'intégration
et le traitement automatique et instantané de
données trop
nombreuses pour être manipulables rapidement
par l'esprit humain.
Tout d'abord, les structures
de stockage et de calcul sont de création
humaine et par conséquent
imparfaites et incomplètes, la meilleure
preuve étant
qu'elles doivent constamment être mises à jour
en fonction des nouvelles données entrantes.
De plus, et dans le même sens la qualité des
résultats ne peut excéder celle
des données
primaires elles-mêmes, qui ne valent que
ce que vaut l'observation, l'enregistrement,
le mode de traitement.
Dans toutes les situations
envisagées par les auteurs
des divers chapitres de l'ouvrage, de la tactique
et la stratégie militaires aux situations épidémiques,
de la justice à la gestion de l'entreprise,
de l'administration départementale à celle
d'un réseau
ferroviaire, de la décision chirurgicale à la
régulation de la circulation aérienne,
de la gestion des catastrophes ferroviaires à celle
des krachs boursiers, des exercices spirituels
selon Ignace de Loyola aux thèses de Clausewitz,
théoricien
de la guerre moderne, on trouvera la même
conclusion explicite ou implicite : le décideur
doit disposer d'une documentation complète,
mise à jour
et compréhensible pour aider son choix,
mais la décision reste finalement le choix
personnel d'un être
humain, aussi éclairé soit-il par
l'éducation,
l'information ou la technique.
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