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Les soins palliatifs
Par Jean Michaud, conseiller-doyen
honoraire de la Cour de Cassation ; membre
du Comité consultatif national d'éthique.
La médecine s'exerce d'abord au moyen
d'un ensemble de techniques. Les unes sont
anciennes et vont se renouvelant. D'autres
apparaissent au fil des progrès scientifiques.
Mais quelles qu'elles soient,
elles ne peuvent se dispenser de prendre en
compte la dimension humaine des patients. Il
advient même
que cette caractéristique l'emporte,
ainsi qu'il en va pour les soins palliatifs.
C'est ce thème qu'a développé le
Pr Herbert Geschwind, professeur associé et
ancien chef du département d'Ethique
médicale, Université de Paris
XII, dans un exposé présenté en
octobre dernier, devant le groupe « éthique
et technique » dont il est membre : lorsqu'il
apparaît que le traitement d'un malade
est devenu inutile, lorsque tout espoir de
guérison a disparu, il n'est plus question
d'abandonner à son sort l'être
humain en souffrance.
Il reste à apaiser
ces souffrances, à accompagner le patient
sur la voie difficile qui le conduira à sa
fin et aussi éventuellement à entourer
sa famille.
Tel est le rôle des soins
palliatifs qui se développent en France.
La tache n'est pas aisée. Elle exige
des vertus de compassion et des talents de
psychologie. Elle n'autorise pas à négliger
des soins du corps, réduits à ce
stade aux soins de confort.
Il y a encore beaucoup à faire.
Il manque encore notablement le soutien financier
pour que puisse être exercé un
droit reconnu par le législateur dans
la loi du 9 juin 1999. On peut trouver un fort
encouragement dans cette constatation que le
nombre des demandes d'euthanasie diminue en
fonction des progrès des soins palliatifs.
Herbert Geschwind a su brillamment nous décrire
cette poussée d'un humanisme médical à partir
de son récent ouvrage « Le rôle
des soins palliatifs ».
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