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Dimensions politiques et statégiques de la sécurité
Par L’Amiral Pierre Lacoste, ancien directeur général
de la sécurité extérieure ; ancien
président de la Fondation pour les études
de défense nationale.
Depuis la fin de la guerre froide les schémas
traditionnels de la défense et de la
protection des sanctuaires nationaux contre
des agressions militaires de l’étranger,
ont radicalement évolué. La dissuasion
nucléaire entre l’Est et l’Ouest
a empêché une troisième
guerre mondiale ; les guerres traditionnelles
entre Etats ont pratiquement disparu, mais
pas tous les conflits armés. L’ouverture
des frontières, les divergences d’intérêts
et les multiples facteurs d’instabilité,
compliquent les missions de défense
et de sécurité qui se recoupent
dans le cadre de la mondialisation où des
acteurs transnationaux sont devenus plus puissants
que la plupart des Etats souverains.
Il faut revenir aux données fondamentales
et aux principes universels de la sécurité.
D’abord, prendre pleinement conscience
de la différence de nature entre les
risques naturels et accidentels et
les risques délibérément
provoqués par l’homme. Les
premiers étant justiciables des approches
scientifiques de la méthode expérimentale,
les ingénieurs, les médecins,
les techniciens, n’ont cessé de
progresser dans la maîtrise de la sécurité.
Les seconds étant justiciables des approches
tactiques, stratégiques et politiques
de la « logique conflictuelle »,
les combattants, les policiers, les entrepreneurs,
savent qu’en face de l’ennemi,
du criminel ou du concurrent, rien n’est
jamais définitivement acquis. Cependant
les deux approches ont de nombreux points communs :
- toutes les activités de la sécurité s’inscrivent
dans une dynamique à caractère
cyclique entre mesures de prévention,
d’alerte, d’intervention, d’exploitation
du retour d’expérience et
d’apprentissage ;
- les réactions subjectives des
personnes et des groupes humains, le sentiment
d’insécurité, les pulsions
irrationnelles, peur ou inconscience, varient
selon leur propres cultures et selon la gravité et
la probabilité d’occurrence des
risques.
Les paradoxes de la sécurité, comme
ceux de la démocratie, témoignent
de l’ambivalence du facteur humain. Il
faut élever les niveaux d’éducation
et de formation des citoyens pour relever les
défis du monde contemporain, des guerres
préventives aux conflits asymétriques,
des guerres intestines à la criminalité transnationale. |