|
par l'Amiral Pierre Lacoste, ancien directeur
général de la sécurité extérieure.
La réunion inaugurale a eu lieu
le 27 avril 2006, avec la participation de M. Alain Juillet.
Nul n’était mieux placé que lui pour
nous présenter l’état actuel de l’Intelligence économique
puisque c’est à la suite du rapport commandé par
M. Raffarin au Député Bernard Carayon au
début de 2004, qu’il avait été chargé de
relancer et de coordonner toutes les initiatives qui s’étaient
développées en France depuis plusieurs années.
Il nous a d’abord rappelé que l’IE n’est
pas une science, mais un concept destiné à relever
les défis d’un nouveau monde et d’un
nouveau siècle, à un moment où la
suprématie des nations du monde occidental est de
plus en plus vivement concurrencée par les puissances
asiatiques émergentes. Pour survivre, pour être
capables de faire encore la course en tête, pour
conserver nos capacités de recherche et d’innovation,
nous devons réviser nos habitudes et chercher à devenir
toujours plus performants. Les progrès réalisés
par nos concurrents, dans le cadre de la mondialisation,
ne nous permettent plus de « piloter à vue ».
Faute de quoi nous pourrions bien connaître le destin
qui nous est annoncé par certains des néo-conservateurs
américains : ne devenir au 21ème siècle
qu’un gigantesque « Disneyland » visité par
les touristes des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde…
Des échanges qui ont suivi sa présentation
je ne retiendrai ici que quelques idées forces :
- il faut revenir à une vision prospective et volontariste
pour prendre collectivement la mesure des défis
posés par la protection et la promotion de notre
patrimoine matériel et immatériel face à des
adversaires déterminés et compétents
; - il faut développer des actions collectives fondées
sur des problématiques nouvelles ; alors que nos
concurrents ont réalisé, notamment en matière
d’éducation et de formation, des avancées
quantitatives et qualitatives considérables, nous
sommes particulièrement en retard dans ces domaines.
Parmi les autres points critiques, on a mentionné :
- les partenariats publics / privés ; - les frontières
entre les métiers de l’IE proprement dite
et ceux de la sécurité et de la protection
; - les pratiques illégales, à nos yeux,
de certains de nos concurrents qui n’hésitent
cependant pas à les mettre en oeuvre ; - les conditions
spécifiques du partenariat entre l’Europe
et les Etats-Unis…
Depuis avril 2006, M. Alain Juillet a continué de
déployer une intense activité pour expliquer,
pour promouvoir et pour organiser la mise en oeuvre de
l’intelligence économique à tous les
niveaux de l’administration et des services publics
et para-publics.
M. le préfet Pautrat, un des tout premiers promoteurs
de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’Intelligence
Territoriale », est intervenu le 22 juin 2006. Après
avoir relancé les initiatives d’IE, depuis
Matignon comme collaborateur de M. Michel Rocard, il les
a mises en application sur le terrain dans ses responsabilités
préfectorales successives, en Essonne, dans la Région
Basse Normandie et dans la Région Nord-Pas de Calais.
Il est convaincu que les sources vives du dynamisme national
se trouvent dans les petites et moyennes entreprises, dans
les savoir-faire et dans le dynamisme des entrepreneurs
locaux. Il pense qu’il faut anticiper et les aider à s’organiser
très en amont pour leur permettre de bénéficier
des avantages du travail en réseaux. Au Ministère
de l’intérieur et des collectivités
locales, il a milité pour la création des « pôles
de compétitivité » et pour les inscrire
dans la dynamique européenne. L’Etat stratège
ne doit plus imposer, mais définir les règles
du jeu national, proposer des initiatives, contrôler
la conformité, sur l’échiquier socio-économique,
des règles définies démocratiquement.
Des échanges qui ont émaillé sa présentation,
voici quelques sujets caractéristiques de l’intérêt
de cette présentation : - constats des retards et
des blocages de la société et des administrations
françaises ; - importance des nouvelles formes de
partenariat public / privé ; - sécurité des
systèmes d’information ; - stratégies
d’influence ; - exemples de réussites spectaculaires
comme en Irlande ou au Canada.
Le 7 novembre 2006 : « La
comparaison des expériences françaises et étrangères » ;
c’est un autre des pionniers de l’Intelligence économique
qui s’est exprimé devant notre groupe de réflexion.
Après avoir été en charge de ces questions
au Secrétariat Général de la Défense
Nationale, Philippe Clerc n’a cessé de militer
très activement dans diverses instances. Maintenant
délégué à l’Association
française des Chambres de commerce et de l’industrie
(AFCCI), il anime ce réseau essentiel de notre économie
pour contribuer à l’information, à la
sensibilisation et à la formation de nos entrepreneurs.
Président de l’Association française
pour le développement de l’Intelligence économique
(AFDIE), il est constamment appelé à intervenir,
en France comme à l’étranger, comme
conférencier et comme consultant. Il a aussi connu
toutes les « batailles bureaucratiques » de
ces dernières années, les retards et souvent
les querelles paralysantes et la dispersion des efforts
qui caractérisent la société française.
Parmi les points essentiels de sa présentation et
de ses réponses aux remarques de l’auditoire
je retiens ici :
- une définition de l’intelligence comme capacité de
compréhension et d’analyse des informations
et des connaissances ; - l’importance du décryptage
des environnements ; - la nécessité de procéder
en temps réel à des diagnostics objectifs
et actualisés. A la suite de ses nombreux voyages,
il évoque les exemples étrangers qu’il
connaît bien, ceux du Japon et des Etats-Unis, ceux
d’autres communautés actives d’animateurs
et de praticiens. Il a regretté que la France ait
renoncé, pendant les années cruciales où les
transformations du monde se sont accélérées,
aux pratiques de la prospective et de l’évaluation
que nous avions pourtant été parmi les premiers à promouvoir.
Je retiens aussi son insistance : - sur les questions de
formation et d’enseignement ; - sur les stratégies
d’influence ; - sur les cultures stratégiques
propres à chacun de nos compétiteurs ; -
sur nos carences, encore trop fréquentes, en matière
de confidentialité et de protection efficace, notamment
au sujet des nouveaux pôles de compétitivité ;
- et enfin sur l’urgente nécessité de
remettre en honneur les pratiques de responsabilité et
d’autorité dans une conscience partagée
des menaces qui pèsent sur la compétitivité et
sur l’avenir du tissu économique et social
de notre pays.
|