|
par Jean-Louis Nicolet, expert honoraire en
maîtrise
du risque et facteur humain près la Cour d'appel
de Versailles.
La première conférence de
2006, animée par M. Claude Hannoun, professeur honoraire à l’Institut
Pasteur et président de l’Institut Bull, avait
pour objet de répondre à la question « Sommes-nous
prêts pour une nouvelle pandémie ? »
Après avoir explicité le vocabulaire de base
indispensable (Hémagglutinine (H)- Neuraminidase
(N)) le professeur Hannoun a dressé un historique
rapide des diverses épidémies en évoquant
la pandémie de 1918, plus connue sous le nom de
grippe espagnole, qui fit plus de 20 millions de morts.
Après quoi, il évoqua comment chaque année était élaboré le
vaccin administré à titre préventif
aux populations afin de tenir compte d’une part des
dernières mutations observées sur les virus
et d’autre part des moyens industriels à mettre
en oeuvre sachant qu’il faut un oeuf fécondé pour
faire un vaccin et que l’Europe a plus de 700 millions
de personnes à protéger.
La deuxième séance, prononcée par
Mme Louise Cadoux portait sur « La protection des
données personnelles face à l’informatisation
de la société ».
Après un bref historique remontant aux années
1974, date de la première loi instituée par
les Etats-Unis sur ce sujet, Mme Louise Cadoux a mis en
exergue deux grands principes sur lesquels doit reposer
toute protection individuelle.
Le premier, qui est fondamental, concerne la finalité de
la base de données que l’on veut créer.
Quels objectifs poursuit-on ? Les données sont-elles
exactes, pertinentes, régulièrement mises à jour
?
Le second est relatif à la transparence des données.
Il porte sur leur mode de collecte, le droit à la
vérification des données, le droit d’opposition
aux traitements projetés… Actuellement plus
de 61 pays ont abordé ce problème et légiféré en
la matière.
La troisième réunion : « Le projet
laser Mégajoule et le management des risques »,
animée par M. Daniel Verwaerde, directeur des armes
nucléaires à la Direction des applications
militaires du C.E.A., avait pour objet de répondre à la
question « Comment mettre à la disposition
des armées, des armes nucléaires fiables
sans qu’on puisse comme avant les tester in situ ».
La réponse donnée par la France est la simulation
des phénomènes. Celle-ci porte sur deux aspects
majeurs.
Le premier concerne la maîtrise théorique
des phénomènes de fusion (deutérium – tritium)
par amélioration des modèles physiques, la
recherche de constantes plus précises, la ré-interprétation
de tous les essais nucléaires effectués,
la reproduction par le calcul des différentes étapes
de fonctionnement d’une arme, ce qui a obligé le
CEA à multiplier par 2.000 les puissances de calcul
disponibles en 1996.
Le second consiste en une vérification expérimentale
des calculs effectués. Pour ce faire, sur une micro-sphère
contenant du deutérium et du tritium, on concentre
l’énergie nécessaire pour amorcer la
réaction de fusion à l’aide de rayons
lasers synchrones.
Le quatrième exposé : « L’accident
du tunnel du Mont-Blanc », animée par M. Jean-louis
Nicolet, expert judiciaire près la Cour d’appel
de Versailles avait pour objet, à partir du jugement
rendu par le Tribunal de Bonneville suite à l’incendie
du tunnel sous le Mont-Blanc de montrer, sur la base des
restes calcinés, des documents, des bases de données
sauvegardées et des témoignages recueillis,
le processus suivi par le juge et les experts pour reconstituer,
minute par minute, la façon dont s’était
déroulée la séquence accidentelle.
L’inventaire des manquements aux règles de
sécurité une fois établi, M. Nicolet
a montré comment, sur la base du nouveau code pénal
et notamment la loi Fauchon, le Juge établit, pour
chaque personne mise en examen, son niveau de responsabilité vis-à-vis
des problèmes de sécurité, et décide
des peines infligées, celles-ci allant de la relaxe à 30
mois avec sursis dont 6 mois ferme.
La cinquième conférence, animée par
MM. Jean-Marc Ané, physicien au département
de recherche sur la fusion contrôlée du CEA
et Thomas Sala, responsable des installations scientifiques à la
société Technicatome, avait pour objet de
présenter « le projet I.T.E.R. (International
thermonuclear experimental reactor) », réacteur
expérimental de fusion dont la mise en service est
prévue pour 2050.
Ce projet mondial s’appuie sur les trois records
mondiaux obtenus en matière de fusion par le JET
(U.K) qui a réussi à produire 16 Mwth pendant
une seconde, le JT (Japon) qui a atteint la température
de 200 millions de degrés et Tore Supra de Cadarache
qui a fonctionné en continu durant 6 minutes en
2002.
L’accord concernant ce projet a été signé le
21 novembre 2006 par la Chine, les Etats-Unis, la Fédération
de Russie, l’Inde, la République de Corée
et l’Union européenne qui finance la moitié du
projet. Le site retenu est celui de Cadarache.
Le but du projet consiste à explorer les différents
paramètres qui contrôlent l’existence
produite d’un plasma de deutérium et de tritium
dans des conditions où l’énergie de
fusion sera dix fois supérieure à l’énergie
fournie pour porter le plasma à la température
voulue, c'est-à-dire 100 à 150 millions de
degrés. Le budget prévu est de 100 milliards
d’euros sur 45 ans.
|