INTELLIGENCE ECONOMIQUE,
animé par
l'Amiral (c.r.) Pierre Lacoste, ancien
directeur général de la sécurité extérieure.
Le groupe « Intelligence économique » propose
de réfléchir aux nouveaux moyens d’envisager le management
des entreprises et des organisations, de défendre et de promouvoir
leur patrimoine immatériel dans une concurrence désormais
mondialisée.
C’est Alain Juillet qui est intervenu lors de la réunion
inaugurale qui s’est tenue en avril 2006.
Nul n’était mieux placé que lui pour évoquer
l’état actuel de l’Intelligence économique
puisque c’est à la suite du rapport commandé par
M. Raffarin au Député Bernard Carayon au début de
2004, qu’il avait été chargé de relancer et
de coordonner toutes les initiatives qui s’étaient développées
en France depuis plusieurs années.
Il a d’abord rappelé que l’IE n’est
pas une science, mais un concept destiné à relever les
défis
d’un nouveau monde et d’un nouveau siècle, à un
moment où la suprématie des nations du monde occidental
est de plus en plus vivement concurrencée par les puissances asiatiques émergentes.
Pour survivre, pour être capables de faire encore la course en
tête, pour conserver nos capacités de recherche et d’innovation,
nous devons réviser nos habitudes et chercher à devenir
toujours plus performants. Les progrès réalisés
par nos concurrents, dans le cadre de la mondialisation ne nous permettent
plus de « piloter à vue ». Faute de quoi nous pourrions
bien connaître le destin qui nous est annoncé par certains
des néo conservateurs américains : ne devenir au 21ème
siècle qu’un gigantesque « Disneyland » visité par
les touristes des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde.
Retenons de son intervention quelques idées forces :
- il faut revenir à une vision prospective
et volontariste pour prendre collectivement
la mesure des défis posés par la protection et la promotion
de notre patrimoine matériel et immatériel face à des
adversaires déterminés
et compétents ;
- il faut développer des actions collectives fondées sur
des problématiques
nouvelles ; alors que nos concurrents ont réalisé, notamment
en matière
d’éducation et de formation, des avancées quantitatives
et qualitatives
considérables, nous sommes particulièrement en retard dans
ces domaines.
Parmi les autres points critiques on a mentionné :
- les partenariats publics - privés ;
- les frontières entre les métiers de l’IE proprement
dite et ceux de la sécurité et de la protection ;
- les pratiques illégales, à nos yeux, de certains de nos
concurrents qui n’hésitent cependant pas à les mettre
en œuvre ;
- les conditions spécifiques du partenariat entre l’Europe
et les Etats-Unis…
Depuis, M. Alain Juillet a continué de déployer une intense
activité pour expliquer, pour promouvoir et pour organiser la
mise en œuvre de l’intelligence économique à tous
les niveaux de l’administration et des services publics et para-publics.
Puis, le groupe s’est réuni à trois
reprises, en juin autour de M. Rémy Pautrat, en novembre autour
de M. Philippe Clerc et s’est poursuivi en juin 2007 avec une intervention
de M. Xavier Guilhou.
M. le préfet Pautrat est un des tout premiers promoteurs de ce
qu’on appelle aujourd’hui « l’Intelligence Territoriale ».
Après avoir relancé les initiatives d’IE depuis Matignon,
il les a mises en application sur le terrain dans ses responsabilités
préfectorales successives, en Essonne, dans la Région Basse
Normandie et dans la Région Nord-Pas de Calais. Il est convaincu
que les sources vives du dynamisme national se trouvent dans les petites
et moyennes entreprises, dans les savoir-faire et dans le dynamisme des
entrepreneurs locaux. Il pense qu’il faut anticiper et les aider à s’organiser
très en amont pour leur permettre de bénéficier
des avantages du travail en réseaux. Au Ministère de l’intérieur
et des collectivités locales, il a milité pour la création
des « pôles de compétitivité » et pour
les inscrire dans la dynamique européenne. L’Etat stratège
ne doit plus imposer, mais définir les règles du jeu national,
proposer des initiatives, contrôler la conformité, sur l’échiquier
socio-économique, des règles définies démocratiquement.
Des échanges qui ont émaillé sa présentation,
voici quelques sujets caractéristiques de l’intérêt
de cette présentation :
• constats des retards et des blocages de la société et
des administrations françaises ;
•
importance des nouvelles formes de partenariat public-privé ;
•
sécurité des systèmes d’information ;
•
stratégies d’influence ;
•
exemples de réussites spectaculaires comme en Irlande ou au
Canada.
En novembre 2006, c’est un autre des pionniers de l’Intelligence économique,
M. Philippe Clerc, qui a évoqué « La comparaison
des expériences françaises et étrangères ».
Après avoir été en charge de ces questions au Secrétariat
Général de la Défense Nationale, il n’a cessé de
militer très activement dans diverses instances. Délégué à l’Association
française des Chambres de commerce et de l’industrie (AFCCI),
il anime ce réseau essentiel de notre économie pour contribuer à l’information, à la
sensibilisation et à la formation de nos entrepreneurs. Président
de l’Association française pour le développement
de l’Intelligence économique (AFDIE), il est constamment
appelé à intervenir, en France comme à l’étranger,
comme conférencier et comme consultant. Il a aussi connu toutes
les « batailles bureaucratiques » de ces dernières
années, les retards et souvent les querelles paralysantes et la
dispersion des efforts qui caractérisent la société française.
Parmi les points essentiels de sa présentation, retenons :
• une définition de l’intelligence comme capacité de
compréhension et d’analyse des informations et des connaissances
;
•
l’importance du décryptage des environnements ;
•
la nécessité de procéder en temps réel à des
diagnostics objectifs et actualisés. A la suite de ses nombreux
voyages, il évoque les exemples étrangers qu’il connaît
bien, ceux du Japon et des Etats-Unis, ceux d’autres communautés
actives d’animateurs et de praticiens. Il regrette que la France
ait renoncé, pendant les années cruciales où les
transformations du monde se sont accélérées, aux
pratiques de la prospective et de l’évaluation que nous
avions pourtant été parmi les premiers à promouvoir.
Retenons aussi son insistance :
• sur les questions de formation et d’enseignement ;
•
sur les stratégies d’influence ;
•
sur les cultures stratégiques propres à chacun de nos compétiteurs
;
•
sur nos carences, encore trop fréquentes, en matière de
confidentialité et de protection efficace, notamment au sujet
des nouveaux pôles de compétitivité ;
•
et enfin sur l’urgente nécessité de remettre en honneur
les pratiques de responsabilité et d’autorité dans
une conscience partagée des menaces qui pèsent sur la compétitivité et
sur l’avenir du tissu économique et social de notre pays.

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